La Chine cette puissance que les nains de Bruxelles provoquent comme des Chihuahuas.

Gateston-Institute par Soeren Kern

Le gouvernement chinois mène un boycott actif contre les marques de vêtements occidentales qui seraient tentées d’exprimer une quelconque inquiétude concernant l’organisation de travaux forcés dans le Xinjiang, la plus grande région de Chine. Des pressions sont exercées sur ces entreprises pour qu’elles suppriment toute référence aux droits de l’homme de leurs sites Internet, pour qu’elles renouvellent leurs contrats d’achat de coton produit au Xinjiang et pour qu’elles suppriment les cartes de géographie qui font de Taiwan un pays indépendant.

Le conflit est parti en vrille peu après que l’Union européenne et le Royaume-Uni se soient associés, le 22 mars dernier, aux sanctions prises par les États-Unis et le Canada contre les responsables chinois pour leurs violations des droits de l’homme dans le Xinjiang, une région autonome éloignée du nord-ouest de la Chine.

Les experts des droits de l’homme affirment qu’un million de musulmans au moins sont détenus dans 380 camps d’internement environ, où ils subissent des tortures, des viols en masse, du travail forcé et des stérilisations.

Les entreprises occidentales qui font des affaires en Chine expérimentent un dilemme de plus en plus inconfortable : peuvent-elles défendre les valeurs occidentales et garder les mains propres face aux violations des droits de l’homme sans subir les représailles du gouvernement chinois à commencer par l’éviction de l’un des marchés les plus grands et les plus dynamiques du monde ?

Le conflit est le suivant : le gouvernement chinois est accusé d’obliger un demi-million de Ouïghours et autres minorités ethniques et religieuses musulmanes à récolter le coton du Xinjiang, une région qui produit 85% du coton chinois et un cinquième de l’offre mondiale, dans des conditions qui s’apparentent aux travaux forcés. Dans 70% des champs de coton, la récolte s’effectue à la main. Les accusations de travail forcé ont un impact sur toutes les chaînes d’approvisionnement occidentales qui utilisent le coton du Xinjiang comme matière première. L’Union européenne et les États-Unis importent plus de 30% de leurs vêtements et textiles de Chine.

En octobre 2020, la Better Cotton Initiative (BCI), une puissante association genevoise à but non lucratif qui lutte pour la production de coton durable, a suspendu le label qu’elle attribuait au coton du Xinjiang. Le communiqué qui faisait référence aux accusations et « aux risques croissants » de travail forcé en Chine, a depuis été effacée du site Web de la BC. Chose particulièrement inquiétante, ce communiqué a également disparu des archives Internet.

Après que la BCI, qui couvre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement mondiale en coton, ait cessé de labelliser la production de coton du Xinjiang, les 1800 entreprises-membres – notamment l’Allemand Adidas, l’Anglais Burberry, les Suédois H&M et IKEA, ainsi que l’Américain Nike – ont toutes affirmé qu’elles allaient cesser d’utiliser le coton du Xinjiang, conformément aux directives du groupe.

À l’époque, H&M, deuxième plus grand distributeur de mode au monde, a communiqué sur son site Web :

« Le groupe H&M est très préoccupé par les rapports des associations et des médias qui mettent en cause le travail forcé et les discriminations imposées aux minorités ethno-religieuses de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang (RAOX). Toute notre chaîne d’approvisionnement doit demeurer indemne d’une quelconque relation avec les travaux forcés, quel que soit le pays ou la région ….

« Nous ne travaillons avec aucune usine de fabrication de vêtements située au RAOX, et nous ne nous approvisionnons pas en produits de cette région. L’ensemble des fabricants, tisseurs et producteurs de fil qui fournissent notre marque fera l’objet d’une liste qui sera bientôt rendue publique et mentionnera leur localisation. Ces règles de transparence seront élargies autant qu’il est possible, à l’ensemble de notre chaîne d’approvisionnement mondiale.

« En outre, nous avons enquêté dans toutes les usines de fabrication de vêtements avec lesquelles nous travaillons en Chine afin de nous assurer que les travailleurs sont employés conformément aux règles que nous nous sommes fixés en matière de développement durable et qu’ils se conforment à notre directive relative aux travailleurs migrants. »

Ce communiqué passé largement inaperçu à l’époque, a refait surface après l’annonce des sanctions de l’UE. La Ligue de la jeunesse communiste, le mouvement de jeunesse du Parti communiste chinois, a déclaré sur Weibo, le Twitter chinois que : « Répandre des rumeurs pour boycotter le coton du Xinjiang, tout en prétendant gagner de l’argent en Chine ? Un vœu pieux ! »

Le refus d’H&M d’être connecté au coton du Xinjiang a suscité une fureur qui a atteint son paroxysme sur les réseaux sociaux chinois, beaucoup appelant au boycott de l’entreprise à l’échelle nationale. Les applications chinoises de cartographie et de covoiturage ont bloqué H&M. Les principales plates-formes chinoises de commerce en ligne ont déréférencé la marque. Certains propriétaires en colère ont mis fin aux contrats de location de magasins et ont forcé H&M à fermer certains de ses 500 magasins en Chine, le quatrième marché de l’entreprise derrière l’Allemagne, les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Des marques comme Adidas, Burberry, Calvin Klein, Lacoste, New Balance, Nike, Puma, Tommy Hilfiger, Uniqlo et Zara ont expérimenté la colère des nationalistes chinoise aussitôt après que les médias d’État aient dénoncé leurs réticences envers la situation au Xinjiang. Plus de 30 célébrités chinoises ont annoncé qu’elles mettaient fin aux accords de sponsoring qu’elles avaient avec des marques occidentales. Certains ont ajouté qu’ils étaient hostiles à toute tentative de « discréditer la Chine. »

L’agence Associated Press a publié une dépêche affirmant que la Chine « effaçait » les marques occidentales d’Internet :

« Dans une version high-tech de l’aérographe que la Chine et d’autres régimes autoritaires ont utilisé dans le passé pour gommer les ennemis politiques sur les photos historiques, les 500 magasins H&M de Chine n’apparaissent plus sur l’application de co-voiturage Didi Chuxing ni sur les services de cartographie exploités par Alibaba et Baidu. L’application H&M pour smartphone a également disparu des boutiques d’applications.

« Nul ne sait si les plateformes numériques chinoises ont reçu l’ordre d’effacer H&M, mais les entreprises chinoises se conforment à la politique officielle sans qu’un ordre tombe. Les services de l’Etat ont tous les outils pour punir les entreprises qui ne soutiennent pas la politique officielle …

« Le Parti communiste fait souvent pression sur les grands groupes étrangers de distribution, de prêt à porter, de transports… et tente de leur faire payer la politique menée par leurs gouvernements. Le pouvoir chinois tente également de contraindre ces multinationales à adopter ses positions sur Taiwan, le Tibet et d’autres sujet sensibles.

« La plupart cèdent aux pressions parce que la Chine est l’un des marchés les plus importants et les plus dynamiques pour la mode mondiale, l’électronique et d’autres marques grand public. »

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